Si
tu voyages, seul, que tu vois l'intersection de deux chemins : l'un,
difficile,
ascendant vers la montagne, et l'autre, facile, descendant vers la
plaine. Dans
le premier chemin, on rencontre des difficultés, des pierres éparpillées,
des épines et des fossés. Son escalade est ardue, la marche y est
difficile.

Un panneau érigé indique
: « Ce chemin malgré
son impraticabilité et la difficulté de son parcours, est certainement
le
chemin juste qui mène à la grande ville et à l'objectif visé ».
 Le
deuxième chemin est goudronné, ombragé par les arbres fruitiers et
fleuris.
Sur les deux côtés se trouvent des cafés, des lieux de distractions qui
offrent
tout ce qui plaît au coeur, fait « briller les yeux » et « flatter
les oreilles ».
Là aussi nous pouvons lire sur un panneau : « Ce chemin est dangereux
et périlleux, il se termine par un précipice où la mort est assurée
et
la perdition certaine ».

Lequel
des deux chemins suivrais-tu ? Sans
doute, l'âme pencherait pour la facilité, non pour la difficulté
– pour le
plaisir
, non pour la douleur
– pour la liberté, non pour les contraintes, c'est
une réaction innée, voulue
par Dieu . Si l'homme donnait
libre
cours aux penchants de son âme et se laissait guider par elle,
il suivrait le
deuxième chemin. La raison interviendrait pour comparer un plaisir bref
et
immédiat suivi d'une longue douleur, à une douleur passagère
suivie d'un
plaisir éternel, elle préférerait le premier chemin.

C'est
l'exemple du chemin du Paradis et du chemin de l'Enfer.
Le
chemin de l'Enfer contient tout ce qui est savoureux et réjouissant, l'âme
s'y
penche, la passion y encourage. Il est fait du regard illicite porté sur la
beauté
et ses séductions, de la satisfaction du désir et ses jouissances, du
gain
par tous les moyens, (la fortune est aimée et désirée), et de libertinage.
 Les
âmes aiment le libertinage et détestent les restrictions.

Le
chemin du Paradis comporte des peines et des difficultés, des restrictions
et
des frontières. C'est le désaccord avec l'âme et l'éloignement de la
passion.
Cependant la finalité de cette difficulté provisoire est le désir
éternel
au Jour dernier. Le
fruit du désir passager, dans le chemin de l'Enfer, est la douleur continue
dans
la Géhenne.

A
l'image de l'élève qui souffre les nuits de l'examen lorsqu'il quitte sa
famille
abandonnée à la télévision, regardant ce qui rend joyeux, et qu'il
s'isole
avec ses livres et ses cahiers, puis trouve après cette douleur la
saveur
de la réussite. De même, le malade supporte la souffrance d'un régime
le privant des délices de la nourriture avant de retrouver la joie de la
santé.

Dieu

a placé ces deux chemins devant nous, et nous a doté, aussi bien le
savant,
l'ignorant, le plus âgé ou le plus jeune, d'une faculté nous permettant
de
les différencier, et de discerner le bien du mal.

 

Notre
esprit se tranquillise ou s'irrite selon que nous accomplissons un bien
ou
un mal. Cette faculté existe même chez les animaux : quand tu donnes un
morceau
de viande à un chat, il le mange devant toi, avec lenteur et tranquillité.
Lorsqu'il le vole, il s'éloigne, mange avec rapidité, ses yeux tournés
vers toi de peur que tu ne le rattrapes et que tu le lui enlèves.  Cela
n'est-il pas la distinction entre le vrai et le faux, le licite et l'illicite ?

Si
le chien accomplit un bon travail, il se frotte sur son maître, comme s'il
attendait
la récompense. S'il commet une faute, il s'éloigne et remue la queue,
comme s'il présentait ses excuses ou qu'il prévoyait un châtiment.

Telle
est l'interprétation de la parole de Dieu :

« Et Nous
l'avons guidé aux deux
voies » [ Sourate
90 - verset 10 ]

 

Dieu

a envoyé des prédicateurs qui indiquent le chemin du Paradis et
appellent
les hommes à le suivre, ce sont les prophètes. D'autres prédicateurs
enjolivent le chemin de l'Enfer, ce sont les diables.

Dieu
a désigné les savants comme les héritiers des prophètes. Fatima, fille
de
Muhammad n'a pas hérité de lui une fortune ou un immeuble.
Les
savants ont hérité du Prophète l'appel à l'Islam, celui qui l'accomplira
comme
il se doit, méritera l'honneur de cet héritage.

L'appel
à l'Islam est difficile car par nature l'âme humaine se
penche vers la
liberté
alors que la religion la restreint, vers la course à la jouissance alors
que
la religion la retient. Celui qui appelle à la débauche et à la désobéissance
convient à la nature de l'âme qui le suit comme l'eau dans une descente.

Monte au château d'eau au sommet de la montagne, et fais-en un
trou à
l'aide d'une pioche, l'eau descendra sans effort de
ta part, jusqu'à ce qu'elle
se stabilise au milieu de la vallée.
Si tu veux la faire revenir, elle nécessitera
des pompes à
eau, des efforts et des dépenses
exorbitantes.
Le rocher stable au sommet d'une montagne ne
demande qu'un déplacement et une inclinaison pour qu'il chute et
descende. Si tu veux le
faire revenir, tu trouveras la fatigue et la
difficulté.

Voici
l'exemple de l'homme.

Le mauvais compagnon te dit, « ici se trouve
une belle femme qui danse nue », ton âme s'y penche, ta passion te pousse vers elle,
mille diables t'y conduisent et sans te rendre compte te voilà à sa
porte. Si le prédicateur
arrive pour t'en écarter, tu trouveras
difficile de le suivre et de lutter contre le penchant de ton âme et les caprices de ta passion.

Les prédicateurs du mal ne se fatiguent pas et ne dépensent
aucun effort, contrairement aux prédicateurs du bien. Ils
proposent ce que désire l'âme,
l'intimité
dévoilée, la passion interdite, tout ce qui est jouissance
pour l'oeil et l'ouie et saveur pour le coeur et le corps.
Quant au prédicateur du bien, il
n'a que l'interdiction. Si tu vois une jeune fille,
légèrement vêtue, et que tu
désires la contempler, il te dira : baisse ton
regard et ne la regarde pas.

Le commerçant obtient un gain facile par l'usure, sans peine
ou fatigue, et l'âme s'y penche, il lui dit : laisse l'usure,
abandonne la et ne lui tends pas la main. Le fonctionnaire observe son collègue
qui gagne par corruption en une minute l'équivalent de six mois de salaire et il imagine ce
que cela lui apporterait en aisance et lui couvrirait en
besoins. Il (le prédicateur du bien)
lui dit : ne la prends pas et n'en jouis pas. Il
leur dit : laissez ses désirs
pr
ésents et certains afin de gagner des désirs
futurs. Abandonnez ce que
vous voyez en échange de ce que vous ne
voyez pas maintenant et que
vous n'observez pas. Luttez contre les penchants de
vos
âmes et la passion
de vos coeurs
.

Tout
cela est lourd pour l'âme. Ne contestez pas mon utilisation du qualificatif
« lourd ». Dieu
l'a nommé ainsi :

« Oui,
Nous allons lancer sur toi une parole lourde » [
Sourate 73 - verset 5 ]

 

Toutes les
grandes
élévations sont lourdes pour l'âme. L'abandon
de la télévision par l'élève et son investissement dans ses études
est
chose lourde. L'abandon
par le savant des rencontres de distraction et son occupation par
la
lecture et l'enseignement est lourd. L'abandon du lit par le dormeur et son
acquittement
de la prière de Subh est lourd.
L'homme
qui quitte sa femme et ses enfants pour le Jihad est chose lourde.

De
ce fait, tu trouves les dépravés plus nombreux que les pieux, et les
distraits
persistant dans l'égarement plus nombreux que les invocateurs marchant
dans le bon chemin. C'est
la raison pour laquelle suivre la majorité aveuglement et sans preuve,
déroute
la plupart du temps.

« Et
si tu obéis à la plupart de ceux qui sont sur terre, ils t'égareront du
sentier
de Dieu » [
Sourate 6 - verset 116 ]

 

Si
la rareté n'était pas un signe de
valeur et de supériorité, le diamant ne serait
pas rare et le charbon abondant. Les génies, les prodiges et les héros
remarquables
ne seraient pas minoritaires. Les prophètes et leurs
héritiers parmi
les hommes pieux sont ceux qui appellent au chemin du Paradis. Les
diables
et leurs aides parmi les dépravés, sont ceux qui appellent au
chemin de
l'enfer. En notre intérieur, des
partisans de ceux-ci et des partisans de ceux-là.
Un Parti qui est avec les prophètes et un Parti avec les diables, qui
se
trouve dans l'âme incitatrice au mal.

Vous
me diriez :

Que signifie la raison et que signifie l'âme ?

Je
ne prétends pas fixer à chacun de ces mots des limites visibles et les
identifier
clairement. Ces choses demeurent encore dans les ténèbres de notre
ignorance, la science n'a pu éclairer leurs contours. Chacun dit : « Je
me
suis dis », « ma raison m'a dit ». Qui es-tu ? Que signifient ton
âme et ta raison
?

Je rappelle un exemple vécu
et
connu : Si je dis: « Moi », alors mon
corps fait partie du « Moi « , mais mon corps n'est pas tout mon
« Moi », car l'individu peut être
amputé de ses mains et de ses jambes, et le « Moi » ne diminue
pas à ses yeux.

Mon être ou mon âme,
c'est-à-dire : mes penchants, mes sentiments, mes désirs et mes douleurs, font partie du
« Moi » mais ne sont pas la totalité du « Moi », car il est
observé que l'homme change de sentiments et de
penchants. Ce qui me plaît aujourd'hui alors que
j'entame mes quatre vingt dix ans, ne me
plaisait pas lorsque j'étais jeune et ce qui me faisait mal alors que j'étais jeune, ne me fait
plus mal aujourd'hui.

Le corps change à tel point qu'aucune
cellule ne reste des cellules d'il y a quelques années. Les espoirs et les douleurs de
l'âme changent :
elle aime ce qu'elle haïssait – et elle hait ce qu'elle aimait.
Quelle est alors la chose immuable en moi
et qui est en vérité « Moi » ?  C'est l'esprit.

 

Qu'est-ce
que l'esprit ?

Dieu  
nous a fait découvrir
plusieurs des fonctions des organes du corps et leurs secrets, ainsi que plusieurs maladies,
leurs soins et aussi les états de l'âme. Il nous a informé que parmi les âmes celles ordonnatrices du
mal, celles réprimandeuses, et celles tranquillisées il s'agit de la même âme
mais ce sont des phénomènes qui l'imprègnent. Et Dieu
nous dit que l'âme mourra,
mais Dieu ne nous
a rien dit au sujet de I' « esprit » car cela relève du seul savoir de Dieu. L'esprit n'est pas
soumis aux contraintes du temps et de l'espace. Une
personne dort devant toi un quart d'heure.
Durant son sommeil elle s'est vue voyager en Amérique ou en Inde, vivre vingt ou trente
ans et ressentir une grande joie ou une douleur sans limite. Comment vingt ans peuvent-ils être
contenus dans vingt minutes ? Comment les deux lieux se sont-ils interpénétrés ? Ceci est
un exemple du châtiment ou du bonheur dans la tombe. L'esprit n'est pas affecté par la maladie
ou la santé. L'esprit restera après la décomposition du corps et la mort de l'âme.
Le
« Moi » est l'esprit.

Ces idées me sont apparues alors que je

préparais la cinquième édition de ce livre. Durant
 
les nuits d'hiver, profitant de la chaleur du lit et du délice du
sommeil,
tu entends la sonnerie du réveil t'appelant à la prière, une voix
intérieure
te dit : « lève-toi pour la prière ». Si tu veux te lever, une autre
voix te
dit : « dors encore un peu ».  La première voix revient
 
« la prière est
meilleure
que le sommeil ». La deuxième répond : « le sommeil est délicieux,
tu
as encore du temps, retarde de quelques minutes ». Les
deux voix ne
cessent
de s'alterner comme le tic-tac d'une montre « dors, lève-toi, dors,
lève-toi… ».
 
L'une est la raison,
l'autre est l'âme

Cet
exemple se répète des milliers de fois et sous des milliers de formes,
chaque
fois que l'individu est confronté à une telle situation : il se trouve
devant
un plaisir interdit auquel son âme l'invite, et dans son coeur
une foi pousse
sa raison afin qu'elle l'en empêche. Plus la raison l'emporte, plus la
foi
est forte.

Ce
qui ne signifie pas que la raison l'emporte toujours et que le musulman
n'approche
jamais les péchés. L'Islam est la religion de la nature première,
une
religion réaliste. La réalité est que Dieu
a créé des créatures destinées
uniquement
à l'obéissance et à l'adoration, ce sont les anges. Dieu n'a pas
fait
de nous des anges. Dieu a créé des créatures destinées uniquement à la
désobéissance
et à la mécréance, ce sont les diables. Dieu n'a pas fait de
nous
des diables. Dieu a créé des créatures dépourvues de raison mais
dotées
d'instincts, elles ne sont pas chargées de responsabilités et ne seront
pas
interrogées, ce sont les bestiaux et animaux sauvages. Dieu n'a pas fait
de
nous des animaux.

Alors,
qui sommes-nous ? Qui est l'homme ? L'homme
est un être particulier, il a une partie des anges, des diables et des
animaux.
Si
l'homme se donne à l'adoration, si son
coeur est pur au moment de
l'imploration
de Dieu
et s’ il goutte à la saveur de la foi dans les moments
de
Grâce, alors la nature angélique l'emporte.  Il
devient comparable aux anges
qui ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu'il leur ordonne et accomplissent
ce qui leur est demandé.

Si
l'homme renie son Créateur, devient mécréant ou Lui associe autrui dans
l'adoration,
alors c'est la nature diabolique qui prend le dessus.

Lorsque
la colère l'emporte, qu'il a les nerfs tendus, que son sang
bouillonne,
que ses muscles sont crispés et qu'il n'a plus qu'un seul souhait,
celui
de tenir son rival, le mordre, y enfoncer ses ongles, lui serrer le cou
avec
ses doigts et l'étrangler, puis le fouler aux pieds. Dans cette situation,
c'est
la nature d'animal sauvage qui l'emporte, rien alors ne le distingue d'un
tigre,
ou d'un grand léopard.

Lorsque
la faim le « mord », que la soif le tourmente, que tous ses espoirs se
cristallisent
dans du pain pour remplir son estomac, un verre pour calmer sa soif
; ou lorsqu'un désir sexuel en devient maître, que son sang bouillonne,
que
ses nerfs en brûlent, et que sa tête est remplie de fantasmes et de
souhaits
; alors dans les deux situations, c'est la nature bestiale qui
l'emporte.
Il est alors comme un cheval reproducteur, un âne ou tout autre animal.

C'est
la vraie nature de l'homme : il a une prédisposition pour le
bien et une prédisposition
pour le mal, Dieu
lui
a donné les deux possibilités, octroyé la
raison
qui lui permet de les distinguer, et la volonté qui lui donne la capacité
de
concrétiser l'une de ces deux possibilités. S'il utilise bien sa raison
dans le discernement, sa volonté dans
l'exécution et qu'il développe sa
prédisposition pour le bien jusqu'à ce
que le bien devienne sa qualité et qu'il
l'accomplisse, alors, au jour dernier, il sera au
nombre des bienheureux.
Dans le cas contraire, il sera au nombre des torturés.

 Il
est vrai que l'âme est portée sur la liberté et que la religion est une
restriction.
Une restriction nécessaire. Si nous laissons l'âme commettre toutes
les turpitudes du fait de sa liberté innée, alors la société serait un
vaste
asile d'aliénés, la liberté absolue est réservée aux aliénés. Le fou fait
ce
qui lui vient en tête, il marche nu dans la rue, monte sur le dos du
chauffeur
du bus publique, il trouve joli ton vêtement alors il l'enlève de tes
épaules,
ta fille lui plaît, il te la demande pour le seul désir et non par
respect
de la législation islamique. « Seul le fou a une liberté absolue, alors
que
l'homme raisonnable est retenu par sa raison ».

 

Que
signifie la raison ?

C'est
une restriction ou une chaîne. Le mot arabe ‘Aql [raison] est de la
même
racine que le mot [Al-‘lqâl] qui signifie la corde qui attache le
chameau.
De même le mot arabe Al-Hikma  [sagesse] est proche du même
sens,
il vient de Hakamatu ad-Dâba qui signifie chaîne. La civilisation est
une
chaîne [ou restriction] car elle ne te laisse pas agir comme tu le veux,
mais
t'impose de respecter les droits des gens et les coutumes de la société.
La
justice est une chaîne car elle fixe la limite de ta liberté là où commence
celle
de ton voisin.

 Les
péchés sont délicieux puisqu'ils conviennent à la nature de l'âme. Tu
trouves
un bon goût à la médisance et tu y participes car elle te donne le
sentiment
que tu es meilleur que celui dont on parle en mal. Le vol est
délicieux
puisqu'il permet de gagner des biens sans efforts et sans fatigues.
L'adultère
est délicieux car il est satisfaction des passions et des désirs de
l'âme.
La tricherie durant
les examens est délicieuse puisqu'elle
permet de réussir sans efforts. La
fuite du devoir, quel qu'il soit, est délicieuse
pour l'âme car elle procure le
repos et la paresse.

Lorsque l'homme pense et utilise sa raison, il
trouve que cette liberté
provisoire ne vaut pas le long emprisonnement dans
la Géhenne et que cette
jouissance interdite ne vaut pas le châtiment
qui la suivrait. Qui accepterait ce pacte légalisé auprès
d'un notaire :

Durant
une année, nous lui donnerons tout ce qu'il désire comme argent,
nous
le ferons habiter dans le palais de son choix, dans le pays de son choix,
nous
le marierons avec les femmes qu'il souhaite; deux, trois, quatre, nous ne lui
refuserons
rien. Mais une fois l'année écoulée, nous le pendrons jusqu'à sa
mort.
Ne dira-t-il pas : « Que soit maudit et éloigné un plaisir suivi d'une
mort
! ». Ne s'imaginera-t-il pas l'heure de la pendaison et se rendra compte
qu'il
ne lui reste plus rien de ces plaisirs ? La douleur de la pendaison dure
quelques
minutes, alors que le châtiment du jour dernier est d'une longue
durée.

Chacun
d'entre nous a commis un péché dans sa vie et a trouvé du plaisir à
ce
péché. Le moindre plaisir est la jouissance du lit au lieu de se lever pour
la
prière de l'aube. Que reste-t-il de ce plaisir que nous avons ressenti il y a
vingt
ans ? Chacun
de nous a contraint son âme à accomplir un devoir et en a supporté
la
douleur dont la moindre est la faim et la soif durant Ramadan. Que reste-t-il
de la douleur de la faim durant le Ramadan, jeûné vingt ans auparavant ?
 
Les plaisirs des péchés
sont passés, restent leur punition. Les douleurs des obéissances à
Dieu sont passées, restent leur récompense.

 

A l'heure de la mort, que nous restera t'il de tous
les plaisirs auxquels nous avons goutté, et de toutes les douleurs que nous avons supporté ?
En vérité, chaque croyant veut se repentir et revenir à Dieu
,
mais il repousse
et ajourne.

Moi-même
je disais : lorsque j'accomplirai mon pèlerinage je me repentirai
et
je reviendrai à Dieu. Puis j'ai accompli le pèlerinage et je ne me suis pas
repenti,
la je disais : lorsque j'aurai quarante ans, je me repentirai et je
reviendrai
à Dieu. Je les ai eus et je ne me suis pas repenti. J'ai dépassé la
soixantaine
et je ne me suis pas repenti. J'ai vieilli et je ne me suis pas repenti.
Cela ne veut pas dire que j'accomplis les interdits et les turpitudes,
non,
par la Grâce de Dieu. Cela signifie que l'homme espère pour lui la
sainteté,
mais il ajourne, il pense que la vie est longue et puis voilà la mort
qui
le frappe brusquement. Moi-même j'ai vu la mort à deux reprises. J'ai
connu
le sentiment de la mort. J'ai regretté chaque minute écoulée en dehors
de
l'adoration de Dieu .  Eh oui, par Dieu, lorsque j'ai survécu, je suis resté
sur
ce sentiment plusieurs mois. Je suis devenu un saint. Puis de nouveau je
me
suis plongé dans les tribulations de la vie.  J'ai oublié… j'ai oublié la
mort.

Tous
nous oublions la mort. Nous voyons chaque jour des morts, mais pensons
que nous ne mourrons pas. En pleine prière du mort, nous pensons
à
la vie d'ici-bas, chacun d'entre nous pense que la mort est inscrite sur tous
sauf
sur lui-même. L'homme sait pertinemment que cette vie le quittera et
qu'il
la quittera. Quoi que l'homme vive, il mourra. Qu'il vive
soixante ans, soixante dix ans ou cent ans, ne s'épuisent-ils pas ? Ne
connaissez vous pas quelqu'un qui a

vécu cent ans puis qui est mort ? Noé
a
passé neuf
cent cinquante années à exhorter
son peuple. Où es Noé
? La vie d'ici bas lui
est elle demeurée ? A-t-il échappé
à la mort ?
Si la mort est inéluctable, pourquoi ne
pas y réfléchir et s'y préparer.

Celui qui a un voyage dont la date n'est pas fixée,
ne s'y prépare t'il pas afin
de répondre dès qu'on l'appelle ?

J'ai observé
[ l'été dernier où
j'étais à
'Amman] les enseignants jordaniens qui
avaient signé
un contrat de travail avec le Royaume d'Arabie Saoudite.
Ils ont été informés que des avions allaient les transporter et qu'ils
devaient s'y préparer.
Parmi eux, se trouvait celui qui avait préparé son
passeport et sa valise, qui avait fait ses aDieux et avait mis à côté de
lui ses vêtements de voyage. Il
était
prêt à répondre à
tout moment.
Parmi
eux, se trouvait celui qui avait négligé et ajourné ses préparatifs
jusqu'à
sa convocation, il s'écria : accordez-moi le temps de faire mes courses,
de dire au revoir à ma famille au village et de retirer mon passeport.
Mais ils ne lui ont accordé aucun délai et sont partis sans lui.

De
même.
L'ange de la mort ne le laissera pas, il le prendra de force, malgré
son
refus, il ne lui accordera ni une heure, ni une minute, ni un instant.
L'ange
n'a pas le pouvoir de lui accorder un délai. Aucun d'entre nous ne connaît
l'heure où l'ange de la mort viendra le
prendre.

Qu'est-ce
que la mort ? Quelle est sa vraie nature ?

La vie de l'homme est faite de plusieurs étapes
:

  • L'état
    foetal
  • La
    vie d'ici bas
  • Le
    monde intermédiaire –
    barzakh- entre cette vie et la vie future, de l'instant de la
    mort jusqu'au jour de la Résurrection.
  • L'étape
    éternelle
    : c'est la vie véritable, celle du jour dernier.

Le
rapport d'une étape à celle qui la précède est comparable au rapport de
cette
étape à celle qui la suit. La
grandeur de cette vie comparée à l'étroitesse du ventre de la mère est
comparable
à l'étendue du « monde intermédiaire » par rapport à cette vie. Il
en
est de même de l'étendue du jour dernier comparée au « monde
intermédiaire ».

Le
foetus pense que sa vie se limite au ventre de sa mère. S'il raisonnait,
pensait
et pouvait répondre aux questions, il dirait que sa sortie de ce ventre
est
vouée à une mort certaine. Si dans le ventre se trouvaient deux jumeaux,
que
l'un deux naissait avant l'autre, celui qui l'aurait vu descendre et le
quitter,
penserait qu'il est mort et qu'il est enterré dans les profondeurs. Si le
foetus
voyait son placenta, qui lui recouvrait le corps Jeté à la poubelle, il
penserait
qu'il s'agit de son frère et le pleurerait comme la mère qui voit le
corps
de son fils qu'elle protégeait de la poussière, enfoui dans la terre. Elle
ne
sait pas que ce corps est comparable à ce placenta, c'est comme une
chemise
devenue sale puis enlevée, un vêtement usé, devenu inutile.

C'est
ça la mort, une « nouvelle naissance », une sortie vers une étape plus
longue
et plus accueillante que celle de cette vie. Cette vie n'est autre
qu'un
chemin
où nous sommes semblables à un immigré vers l'Arabie. Il choisit
bien sa cabine dans le bateau, tient à sa tranquillité et en prend soin,
mais,
dépensera t'il tout son argent pour renouveler sa literie et sculpter ses
murs,
pour arriver en Arabie
sans un sou ? Ou plutôt dira t'il : je resterai une semaine dans cette
pièce
Je me suffirai de peu et j'économiserai mon argent afin de meubler la
maison
que j'habiterai.

Savez-vous
ce que représente cette vie comparée à l'au-delà ?

Depuis
environ quinze ans. les Etats-Unis avaient annoncé un essai nucléaire
dans une petite île de l'Océan pacifique, habitée par quelques centaines
de pêcheurs. Les Etats-Unis leur ont demandé d'évacuer leur maison
en échange d'une maison meublée dans le pays de leur choix. Une date
fut fixée pour qu'ils se préparent et qu'ils recensent leur avoir afin que
les
avions puissent les transporter. Certains
se sont déclarés prêts à l'évacuation et ont donné leur inventaire
avant
la date prévue, d'autres ont négligé et ajourné jusqu'à l'approche de la
date,
d'autres encore ont déclaré que c'était pur mensonge, que les Etats-Unis
n'existaient pas dans cet univers, que la vie se limitait à leur île, qu'ils
ne
l'abandonneraient pas. Ces derniers ont oublié que cette île allait être
réduite
en ruines et en poussières.

C'est
là l'exemple de cette vie.

Le
premier groupe est l'exemple du croyant qui réfléchit à l'au-delà
et se
prépare
à la rencontre de Dieu, par le repentir et l'obéissance continue.

Le
deuxième
est l'exemple du croyant, négligeant et pécheur.

Le troisième est
l'exemple
du mécréant matérialiste qui dit : notre vie est uniquement cette
vie
là, pas une autre vie après elle, la mort n'est qu'un long sommeil, un
repos
continu et une disparition certaine.

 

Ces
propos ne signifient nullement que l'Islam demande au musulman de
renoncer
une fois pour toute à cette vie, de s'en laver les
mains, d'habiter les Mosquées et de ne plus en sortir, ou de se réfugier
dans
une grotte et y passer sa vie, non !!! Au contraire, l'Islam demande aux
musulmans
d'être des guides pour les civilisés, les plus riches, et les meilleurs
savants dans toutes les sciences. L'Islam demande à chaque musulman
de respecter le droit de son corps à la nourriture et au sport ; le
droit
de son âme au divertissement, à la détente et au plaisir licite ; le droit
de
sa femme à la protection et à la bonne compagnie ; le droit de ses enfants
à
l'éducation, à l'orientation et à l'affection ; le droit de la société à son
travail
au service du bien ; de même il doit respecter le droit de Dieu
, par la
croyance
en Son Unicité et à Son obéissance.

Le
musulman collecte les richesses mais de manière licite, profite des biens
permis,
et vit de la meilleure manière, à condition que sa foi en l'Unicité
reste
pure non entachée d'associationnisme visible ou caché. Son Islam doit
rester
véridique : abandonnant les interdits et accomplissant les devoirs.
L'argent
doit se trouver dans ses mains et non dans son coeur. Le musulman
ne
compte pas sur son avoir mais sur son Seigneur
. La satisfaction de Dieu
doit
être son objectif et son désir.

 

[
Connaître l'Islam - Par Cheikh At-Tantawi  ]

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    Que cette nouvelle année 2009

    vous apporte

    Santé

    Amour

    Prospérité

    et

    Bonheur !

     

    Amitié et remerciments pour B.C.

    Argi

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    argi 31.déc.2008 18:36
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    Bon vendredi à vous.

    Amitié d'Argi

    argi 2.jan.2009 12:53

  • Merci pour votre visite Lumière
    Hélas le monde n'évolue guère vers la spiritualité
    la paix et l'harmonie le massacre d'innocents continue
    Amicalement Mona


    monazimba 8.jan.2009 14:59
  • Deux ans aujourd'hui

    que je suis parmi vous sur « bloguez ».


    Je passe vous faire coucou


    et déposer des bisous…

    bbchaton 26.mar.2009 15:51

  • Mon petit poisson d'avril pour toi  !
    Bisous…
    bbchaton 1.avr.2009 21:23

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